Le manque d’accompagnement des banques pour les artisans du BTP

Refus de prêt, dossiers qui traînent, conseillers qui changent : les artisans du BTP se plaignent du manque d’accompagnement des banques. Ces dernières jugent le secteur risqué, car les cycles de chantier et les retards de paiement compliquent l’analyse financière. Néobanques, courtiers, affacturage et leasing sont des alternatives aux crédits traditionnels.

Pourquoi les banques accompagnent-elles si peu les artisans du BTP ?

Les artisans du BTP subissent souvent un accompagnement bancaire limité, surtout lors d’une demande de prêt. Les banques classent le secteur parmi les activités à risque, car les encaissements suivent le rythme des chantiers. Les décisions internes reposent aussi sur des grilles d’analyse standard, qui valorisent mal les réalités du terrain.

Un secteur jugé risqué à cause des cycles et des retards de paiement

Le BTP dépend de cycles économiques, notamment ceux de l’immobilier et des investissements publics. Un ralentissement du marché peut réduire les volumes des contrats, même lorsque l’entreprise travaille correctement. Les retards de paiement sont une difficulté supplémentaire, car une facture peut rester en attente de validation plusieurs semaines. Les banques interprètent parfois ces décalages comme une fragilité dans la gestion, alors qu’ils proviennent du fonctionnement normal d’un chantier. Les acomptes, les situations de travaux et les retenues de garantie créent des flux irréguliers sur le compte. Cette irrégularité peut dégrader certains ratios suivis par l’analyste bancaire. La perception de risque augmente, et l’accompagnement se réduit.

Des modèles bancaires standardisés en totale inadéquation avec le quotidien de chantier

La relation bancaire change souvent, avec des conseillers qui tournent et des dossiers qui repartent de zéro. Un artisan du BTP doit alors réexpliquer le carnet de commandes, les modalités de facturation et les délais de règlement. Peu d’interlocuteurs à la banque possèdent une spécialisation BTP, donc l’étude des pièces est parfois superficielle. Un besoin de trésorerie ponctuel ressemble à une perte de contrôle, alors qu’il découle d’un décalage client.

Le résultat devient très concret : un chantier refusé faute de trésorerie, des salaires avancés pendant deux mois, ou un achat de matériel reporté. Le moindre imprévu peut bloquer une opération rentable, alors que la demande existe. Le manque d’accompagnement des banques devient alors un frein direct à l’activité.

Comment les artisans du BTP peuvent-ils contourner ces blocages ?

Lorsque l’accompagnement bancaire classique ne suit pas, les artisans ont toujours la possibilité de se tourner vers des solutions alternatives pour financer le décalage entre dépenses et encaissements. L’objectif consiste à protéger la trésorerie, sans dépendre d’un interlocuteur unique.

Les néobanques : cas de Faktus

Adressez-vous à une néobanque pour obtenir un financement. Faktus est l’une d’elles. Elle cible les TPE et PME du BTP avec un financement à taux fixe adapté au rythme des factures. L’offre inclut l’affacturage, qui permet de mobiliser rapidement une partie de la facture avant le paiement final. Elle propose aussi une caution de retenue de garantie, utile quand le maître d’ouvrage conserve une somme jusqu’à la réception. Une avance matériel peut compléter le dispositif, afin de financer un achat nécessaire au démarrage ou à l’accélération des travaux. L’artisan reçoit un compte bancaire avec IBAN français et des cartes de paiement. L’entreprise peut financer jusqu’à 90% du montant des factures en 48h, à la fois sur marchés publics et privés.

D’autres alternatives à envisager ?

Des banques locales conservent parfois une relation de proximité avec les artisans. Elles font une analyse contextualisée des cycles de chantier.

Un courtier spécialisé BTP peut aussi orienter l’artisan vers les banques et services qui financent réellement les entreprises du BTP.

Pour ce qui est de l’alternative au crédit bancaire, il y a l’affacturage. Il est pratique et très sollicité pour éviter les périodes de trésorerie très basse entre deux règlements clients.

Il y a également le leasing qui sert à financer le matériel sans immobiliser la trésorerie, ce qui protège la capacité à payer les salaires et les fournisseurs.

Des plateformes de financement dédiées aux professionnels du BTP existent également : October, Karmen, Silvr, Edebex, Defacto, etc. Sur ces plateformes, les parcours d’obtention de financement sont souvent plus rapides que la banque traditionnelle.

Conseils pour obtenir un accompagnement

Un dossier convaincant est celui qui réduit les incompréhensions et améliore les chances d’obtenir un prêt. Intégrez-y un prévisionnel simple et chiffré qui montre les entrées attendues et les sorties incompressibles, mois par mois.

La présence d’un carnet de commandes à jour, avec montants et dates, aide la banque à se rendre compte de la continuité de l’activité.

Un historique de chantiers, avec des précisions sur les délais de règlement et les marges, démontre la maîtrise de la gestion des chantiers et de la trésorerie.

Des exemples d’acomptes, de situations de travaux et de retenues de garantie permettent d’expliquer les décalages de trésorerie. Des justificatifs sur les retards de paiement clients, quand ils existent, renforcent la crédibilité du dossier.